Sur la route des vins


L'histoire du vignoble du Sud-Ouest

Ce sont les romains qui développèrent la culture dans la région, comme ils ont pu me faire dans d’autres vignobles français. Durant de nombreux siècles, les vins du Sud-ouest connaissent un certain succès sous l’impulsion notamment des différents monastère s et autres abbayes. Les moines du monastère de Madiran produisaient d’ailleurs un excellent vin apprécié par François Ier et les têtes couronnées de la cour d’Angleterre.

Bien qu’il fût développé bien avant son illustre voisin de Bordeaux, le vignoble du Sud-ouest va vite devoir s’incliner devant la domination de ce dernier. En effet, les vignerons du Sud-ouest ne bénéficiaient pas de bons axes de communication pour bien vendre leurs productions. Cet état de fait va s’accentuer avec la fermeture aux exportations à destination de l’Europe du Nord du port de la Rochelle.

Privés de ce débouché sur la mer, ils ne pouvaient compter que sur le port de Bordeaux. Mais celui-ci, favorisé par d’importants privilèges fiscaux et douaniers, que lui accordait la Couronne d’Angleterre, a commencé à développer ses propres vignobles. Devenus maîtres de la voie maritime, les Bordelais imposaient que leur propre production soit entièrement vendue Outre-Manche et aux négociants hollandais avant qu'on ne puisse embarquer des vins du Sud-Ouest.

Déjà affaibli par cette concurrence féroce, le vignoble se vit asséner un véritable coup de massue avec la crise provoquée par l’invasion du phylloxéra à la fin du XIXème siècle. Mais à force de travail et de pugnacité, le vignoble se relève, et tente d’exister dans l’ombre du vignoble bordelais. Les vignerons du cru accentuent la qualité de leurs productions tout en défendant la typicité de leurs terroirs si riches. C’est alors que les Appellations d’Origine Contrôlées viennent consacrer ces années d’efforts, comme le Bergerac, qui obtint son A.O.C. en 1936, ou le Madiran en 1948.