L’histoire du vignoble du Languedoc-Roussillon commence avec les grecs plusieurs siècles avant notre ère. Comme beaucoup de vignobles français, il prend réellement son essor sous l’impulsion des romains, fins connaisseurs de la culture de la vigne.
Durant le premier millénaire les vins du Languedoc-Roussillon sont obtenus par une méthode singulière appelée passerillage, c’est-à-dire que l’on fait sécher les raisins récoltés au soleil, puis par surmaturation ou par ajout de miel.
La construction du canal du Midi au XVIIème siècle donne une nouvelle impulsion au vignoble. Sillonnant toute la région, de Toulouse à Agde et reliant l’océan Atlantique à la mer Méditerranée, l’ouvrage d’art permet en effet de dynamiser tout le secteur économique et notamment la filière viticole.
Les vignerons profitèrent aussi pleinement de la pénurie de vins, conséquence du grand hiver de 1709, si rigoureux qu’il décima une grande partie des vignes du royaume. Le recours aux vins de la Méditerranée fut donc abondant.
En 1868, le Phylloxéra met un coup d’arrêt à cette belle expansion en détruisant tout le vignoble. La vigne renaît grâce aux pieds greffés sur des plants américains, aidée par les progrès de la mécanisation. Seulement, une espèce de frénésie de replantation s’installe dans la région, qui se préoccupe peu de la qualité des cépages plantés, mais plutôt de leurs rendements élevés.
Le vignoble du Languedoc-Roussillon produit alors le plus gros volume de Vin de Table en France, avec des rendements allant jusqu’à 120 hectolitres à l’hectare. Des récoltes très abondantes donc, mais des vins légers et sans saveur. Une mauvaise réputation, quant à la qualité de ses vins s’attache à l’image du vignoble.
En 1945, après la création de l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine) en 1936, le Vignoble et ses Terroirs extraordinaires commencent à être reconnus. Les premières appellations en VDQS (Vin De Qualité Supérieure) apparaissent sur tous les noms de Terroirs, aujourd’hui en AOC (Appellation d’Origine Contrôlée).
Depuis le début des années 1980, le vignoble connaît un grand remaniement tant quantitatif que qualitatif. Connu jusque là, pour ses vins de table, le Languedoc-Roussillon réapprend son Terroir en arrachant plus de 100 000 hectares de cépages. Les replantations suivent une stratégie qualitative, avec notamment, des rendements en forte diminution de l’ordre de 30 à 35 hectolitres par hectare.