Sur la route des vins


Château Cheval Blanc

CHÂTEAU CHEVAL BLANC
1er Grand Cru Classé A - Saint-Emilion Grand Cru

Tel un pur-sang immaculé, pur, Cheval Blanc impose son caractère, sa force, étonne par sa souplesse, sa finesse, rayonne d’excellence et de singularité. Un vin à part.

Tout commence en 1832, lorsque Ducasse, président du tribunal de Libourne qui souhaite acquérir une propriété de campagne à la sortie de la ville, achète une parcelle de 15 hectares du domaine de Château Figeac à la Comtesse Félicité de Carles-Trajet. Six ans plus tard, en 1838, il agrandit son domaine d’une quinzaine d’hectares supplémentaires. En 1852, sa fille Henriette se marie avec Jean Laussac-Fourcaud, et sa dot n’est autre que le domaine acquit 25 ans plus tôt. Avec Jean aux commandes, Cheval Blanc va prendre un véritable essor. Ce dernier perçoit très vite le potentiel du terroir qui l’entoure.

Il se lance dans d’importants travaux de drainage pour assécher cette ancienne grenouillère très argileuse, plante en bordure de route quelques vignes basses distantes d’un mètre, taillées et cultivées à la façon du Médoc, les Médoquines. Autre vison atypique et non moins brillante de Jean Laussac-Fourcaud, celle de planter le fameux bouchet, l’autre nom du cabernet franc, au pays où le merlot est roi. Cet encépagement original, deux tiers de cabernet franc pour un tiers de merlot, fait de Cheval Blanc une exception. Parallèlement aux travaux de la vigne, il va entreprendre la construction du château, une belle bâtisse de deux étages auquel il ajoutera une tour puis une chapelle.

Il décida ensuite de ne plus vendre son vin sous le nom de "vin de Figeac", comme c’était le cas depuis l’acquisition du domaine, mais de choisir son indépendance en créant la marque Château Cheval Blanc. L’histoire raconte qu’Henri IV serait venu dans une auberge (l’actuelle maison) monté d'un Cheval Blanc. Tout ému de la visite du roi, l'aubergiste aurait rebaptisé son auberge en "Auberge du Cheval-Blanc". Depuis le nom est resté et s'est transformé en Château Cheval Blanc quand ce dernier fût achevé vers 1860.

Il s’efforcera également de ne vendre son vin qu’à quelques négociants prestigieux à l’image de Cruse et de Calvet. Très vite, la renommée du vin du Château Cheval Blanc n’est plus à faire. Les médailles (comme celles que l’on peut voir sur l’étiquette des bouteilles) et les prix dans les compétitions internationales s’accumulent, comme à Londres en 1862 et Paris en 1878.

A la mort de Jean Laussac-Fourcaud en 1893, c’est son fils Albert qui reprend les rênes. Pour la petite histoire, il inversera les deux mots de son nom de famille pour devenir Albert Fourcaud-Laussac.
C’est à cette période - fin du XIXème, début XXème siècle - sous l’impulsion d’Albert, fort de l’expérience forgée auprès de son père, que Cheval Blanc va devenir un très grand vin, notamment les millésimes de 1899, 1900 et 1921.

Afin de préserver l’héritage familial, Albert transforma Cheval Blanc en Société Civile, dont ses enfants assurent la gestion après sa mort en 1927. Ses descendants vont perpétuer le savoir-faire familial pendant plus de 70 ans, en gardant toujours l’excellence comme objectif. C’est en 1955, lors du premier classement des vins de Saint-Emilion que le domaine acquiert ses lettres de noblesse, en atteignant la plus haute marche, celle de Premier grand cru classé A. La gestion de domaine passe par plusieurs mains expertes, de véritables amoureux du vin et du terroir comme Jacques Hébrard, le mari de la petite-fille d'Albert, mais aussi Henri de Labarre qui construisit les nouveaux chais et sa femme Claude, qui nomma Pierre Lurton à la tête du domaine en 1990.

En 1998, après être resté dans la famille Laussac-Fourcaud ou Fourcaud-Laussac (c’est selon) plus de 160 ans, le tandem Albert Frère - Bernard Arnaud rachète les parts de la Société Civile du Cheval Blanc pour environ 120 millions d’euros. Mais la continuité demeure en la personne du Directeur, Pierre Lurton et de son équipe. Son expérience et son professionnalisme lui vaudront également d’être nommé en 2004 directeur du Château d’Yquem, autre joyau bordelais tombé dans l’escarcelle du groupe LVMH.

Mythique, le château Cheval Blanc figure toujours parmi les plus grands vins au monde, grâce notamment à un terroir bien particulier.

Le domaine de Cheval Blanc est niché sur la terrasse de graves silico-argileuse au nord-ouest de l’appellation Saint-Emilion, appelée également bande de Figeac. Il est si près de l’appellation Pomerol, que un de ses plus proches voisins n’est autre que le Château L'Evangile - un Pomerol - de l’autre côté de la D244 qui sépare les communes de Pomerol et de Saint-Emilion. D'anciennes cartes postales situent d’ailleurs Cheval Blanc sur la commune de Pomerol.

Cheval-Blanc, repose sur des graves, des sables et de l'argile recouvrant une roche riche en oxyde fer. Très différents de ceux du plateau voisin où le calcaire affleure souvent, les sols se composent selon les zones de sol sableux sur sous-sol argileux, graveleux sur sous-sol argileux, et de graveleux profond. Ces sols d'une grande pauvreté engendrent une maturation précoce des raisins, gage d'une grande qualité de vendange. On est, à Cheval Blanc, moins exposé que dans le Médoc au climat atlantique et à ses pluies d'automne.

Ici, tout étonne, tout se distingue. Un sol silico-argileux alors qu’une grande partie de l’appellation Saint-Emilion repose sur des sols argilo-calcaires, et un encépagement atypique pour la région, avec une nette prédilection pour le cabernet-franc. Ici, on laisse parler le terroir, et le bouchet s’y sent très bien. Ce cépage est en parfaite adéquation avec les terroirs de la propriété et révèle une finesse et une élégance que lui envie beaucoup d'autres propriétés bordelaises. En effet, sur les 37 hectares que compte le domaine, 57% sont plantés de cabernet-franc, environ 40% de merlot et un peu de cabernet-sauvignon et de Malbec.

La vigne, âgée d’une quarantaine d’années est vendangée manuellement pour donner le meilleur d’elle-même. Après une cuvaison de 3 semaines, le vin est élevé en barriques neuves pendant 16 à 20 mois pour une production moyenne de 90 000 bouteilles chaque année.
La magie de Cheval Blanc relève d'une savante alchimie entre un terroir d'une qualité exceptionnelle, un encépagement original et un savoir-faire sans égal. Ce vin d’une grande richesse et d’une belle onctuosité se révèle exotique par ses arômes caractéristiques d’épices et de fruits noirs très mûrs, aux nuances mentholées. Et comble de l’excellence, il se révèle délicieux dès les premières années, pour devenir merveilleux pour qui sait attendre. On notera les millésimes 1921, 1947, et 1982 : la quintessence signée Cheval Blanc.

Le second vin, Le Petit Cheval - Saint-Emilion Grand Cru, est également très racé et délicat comme son aîné, la puissance en moins, mais loin devant les seconds vins traditionnels.

Propriétaire : Bernard Arnault, Albert Frère
Directeur : Pierre Lurton
Maître de chai : Thierry Garraud
Chef de culture : Jean-Claude David
Oenologue : Gilles Pauquet

Visites réservées aux professionnels.

Château Cheval-Blanc
Route Départemental 245
33330 St-Emilion
Tél. : 05 57 55 55 55
Fax : 05 57 55 55 50
www.chateau-cheval-blanc.com

Coordonnées GPS : 0° 11’ 22’’ O 44° 55’ 10’’ N