Le XXème siècle ne commence pas de la meilleure des façons pour le vignoble de Champagne. En effet, le phylloxéra et les farouches combats de la première guerre mondiale détruisent la majeure partie du vignoble. De 60 000 hectares à la fin du XIXème siècle, le vignoble atteint péniblement 12 000 hectares en 1919. Les champenois vont ensuite replanter en prenant conscience de l’existence d’un patrimoine collectif à protéger. Le terroir va ainsi être délimité par une loi et les usages codifiés.
Pour mettre fin aux pratiques frauduleuses, les vignerons, structurés en Fédération de syndicats depuis 1904, réclamèrent la délimitation de la Champagne viticole. La loi du 22 juillet 1927 fixa la délimitation de la Champagne viticole. Le critère retenu pour le droit à l’Appellation fut l’antériorité viticole des terrains. L’antériorité consistait à être planté en vignes à la date de publication de la loi ou avant l’invasion phylloxérique.
La délimitation de la Champagne viticole est qualifiée par deux aires spécifiques. L’aire géographique, territoire au sein duquel doivent être réalisées toutes les étapes de l’élaboration du produit dans le respect des usages et des règles de production définies par la loi. L’aire de production ou « délimitation parcellaire », limitée dans les communes de l’aire géographique aux seuls terrains plantés en vignes en 1927 ou avant l’invasion phylloxérique.
Le 29 juin 1936, le Champagne devint Appellation d’Origine Contrôlée et l’ensemble des règles que s’étaient imposées les Champenois dans les lois et décrets de 1919, 1927 et 1935 fut entériné.
Voir également le terroir du vignoble de Champagne